Date:02.12.2018
Age minimum:16 ans pour commande de tickets
type de billet:sièges libres
Organisateur:Ville de Dudelange
Place:Centre Culturel "Op der Schmelz", Dudelange (L)
Portes à19:30
Début à20:00
Prix:16.12 €
  • Veuillez vérifier avant le déplacement si l'événement aura lieu comme prévu

Entrée gratuite pour enfants de moins 12 ans

« Pas pleurer », c’est aussi ce que nous dit Lydie Salvayre, alors que nous avons toutes les raisons de pleurer devant la bêtise humaine, aujourd’hui comme hier. Ne pas baisser les bras. Ne pas avoir peur.

C’est le récit par Lydie Salvayre, de l’histoire de sa mère Montserrat - dite Montse - plongée dans la
guerre civile espagnole, à l’été 1936. Montse, qui avait quinze ans à l’époque, en a aujourd’hui quatrevingt-
dix. Elle est en proie à de gros troubles de mémoire, et a tout oublié de sa vie, excepté cette courte période.

Devant sa fille, avec qui elle partage « une petite anisette » qu’on devine strictement interdite par les médecins, elle raconte son petit village perdu en Catalogne. La vie n’y a pas changé depuis le Moyen-Age, rythmée par les récoltes d’olives, les fêtes de village, les mariages arrangés, son frère Josep, fraîchement converti aux thèses anarchistes et son rival stalinien Diego, les disputes familiales, les premières tentatives de collectivisation, l’irruption de cette idée que, peut-être, tout pourrait changer… Puis la guerre et l’exil... d’Espagne vers la France…

« Pas pleurer », c’est l’injonction que répète Montse à sa petite fille serrée contre elle, sous les bombardements fascistes et dans le dénuement le plus total, alors qu’elle fuit son pays, l’Espagne, qui tombe aux mains des franquistes.

Pas Pleurer s’est imposé à moi comme une évidence. Bien avant son fameux Prix Goncourt, avant
même sa lecture, j’ai eu l’intuition que ce texte, par les thèmes qu’il aborde, allait me bouleverser.
J’ai toujours été sensible à tout ce qui touche à la guerre d’Espagne, sans doute parce que l’histoire
du XXème siècle aurait peut-être pu être complètement différente si l’issue de cette guerre avait été
autre, si les forces progressistes avaient pu triompher du conservatisme le plus noir, si l’Europe démocratique n’avait pas laissé massacrer un peuple, n’avait pas capitulé devant Franco, général d’opérette, comme elle s’apprêtait à le faire devant Hitler.
Mais comme la Commune en France, comme les débuts de toute révolution, qu’elle soit russe,
française, chinoise, burkinabè, ou des OEillets, comme le fameux « printemps arabe », comme lors
de certaines tentatives qui ont lieu dans l’Espagne d’aujourd’hui (qui même écrasée par la crise garde
en elle cette fabuleuse capacité d’indignation, d’insoumission), bref, comme tout soulèvement
populaire à ses débuts, l’été 1936 porte en lui tout l’espoir du monde, l’espoir d’un monde nouveau,
et révèle au coeur de chaque être, au plus profond de l’intimité de chaque être, la part d’espoir la plus
lumineuse.

Je viens du Sud-Ouest de la France, région où ont émigré de nombreux Espagnols à cette époque, et
qui porte encore dans sa vie politique, associative, militante, les séquelles de la guerre d’Espagne.

Ce que l’on appelle guerre d’Espagne, d’ailleurs, ne se résume pas à trois ans de guerre civile, mais c’est aussi la guerre qu’a fait un régime à tout un peuple pendant 40 ans, provocant l’exil de centaines de milliers de personnes... Ces « réfugiés » ne peuvent bien entendu que nous rappeler l’actualité la plus brûlante.

Denis Laujol


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